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C’est uncommon les gens dont on peut dire qu’ils ont changé des vies… Cet homme ne l’a jamais su, et il ne le saura jamais, mais cet homme, donc, est de ceux-là. Automobile il était l’une des raisons pour lesquelles une dizaine de jeunes gens se sont retrouvés un samedi du mois d’avril 1991 dans un appartement de la rue Boyer-Barret, Paris XIVe, avec pour objectif de pérenniser un fanzine qui avait sorti son numéro zero quelques semaines plus tôt. Un fanzine baptisé magic mushroom dont le however serait de parler de musique et de graphisme. Ou plutôt de servir la musique par le graphisme. Un fanzine qui quelques années plus tard deviendra journal – sous le nom de magic – revue pop moderne, et dont je serai le rédacteur en chef pendant quinze ans… 

Servir la musique par le graphisme, c’est exactement ce que Vaughan Oliver a décidé de faire, quand en 1980, à l’âge de 23 ans, il se cost de la pochette du single Gathering Mud du groupe post-punk Fashionable English, tout juste signé sur un label balbutiant baptisé 4AD. Deux ans plus tard, il devient le premier salarié de cette construction indépendante née à Londres de l’esprit d’Ivo Watts-Russell, un kind énigmatique persuadé qu’une identité visuelle forte était une situation sine qua non pour réussir. Le futur ne lui donnera pas tort. Sous le nom de 23 Enveloppe, puis de V23 – un studio graphique fondé par Oliver, qui ne tarde pas à s’entourer de photographes et d’autres designers –, il aide 4AD à bouleverser le visage du monde musical de la fin du XXe siècle, en créant un univers de toute beauté pour les disques d’artistes assez incroyables, des Cocteau Twins, portés par la « voix de Dieu » de Liz Fraser, aux Pixies, le groupe qui a préparé le terrain au rock déglingué de Nirvana et consort, en passant par MARRS, projet éphémère formé par des membres de Colourbox et AR Kane et responsable du premier disque de home anglaise, Pump Up The Quantity… Alors, à l’instar de son contemporain Peter Saville, qui lui œuvre pour le label de Manchester Manufacturing unit Information, Vaughan Oliver va sans en avoir la prétention permettre à l’artwork de se démocratiser et de rentrer, sous la forme de pochettes ou d’affiches, dans les salons des mélomanes. 

Inspiré par le Bauhaus allemand, le surréalisme ou les travaux typographiques du Français Robert Massin – il est de ceux qui croient à juste titre en la drive visuelle des lettres et des mots –,  Oliver va surtout s’attacher à traduire en photographs l’identité sonore des artistes pour lesquels il travaille (This Mortal Coil, Felt, Lush, The Breeders, David Lynch, Scott Walker, parmi tant d’autres) tout en inventant un graphisme qui existe pour lui-même mais frappe toujours l’imaginaire. D’ailleurs, les travaux de cet homme à l’humour pince-sans-rire et à la ardour jamais démentie, qui détestait par-dessus tout le format CD et s’est longtemps passé d’un ordinateur, ont souvent fait l’objet d’expositions un peu partout dans le monde, la première s’étant déroulée en France, à Nantes, en février et mars 1990… Après avoir également travaillé pour la télé (la chaîne Canal+ en Espagne, la BBC en Angleterre), la publicité et l’édition, il a surtout consacré ces dernières années à l’enseignement, tout en réalisant les pochettes des nouveaux disques des Pixies rabibochés. Mais son œuvre plurielle reste avant tout indissociable de la scène musicale des années 1980 et 1990, ces années qui plus que toute autre peut-être ont souvent célébré le mariage parfait entre le fond et la forme, un mariage dont Vaughan Oliver, qui s’est éteint hier à l’âge de 62 ans, restera pour l’éternité l’un des plus brillants ambassadeurs.   

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